Univers


Une vie en enfer

texte officiel 22/05/2006 par Arnaud Ramonat
- enfer  occidentaux  récit 

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Saloperie de froid ! Comme si les crocs, les griffes et la chiasse ne suffisaient pas !

Pourtant dans les sermons du père Wurtenberg, l'enfer était décrit comme une plaine infinie, ignée, vide et peuplée d'êtres cauchemardesques.
Mis à part la dernière catégorie, il faut bien avouer qu'il s'est bien fourré le crucifix au fond des mirettes, ce gros cureton. Quand je pense que par delà ce merdier infini, derrière le portail de feu de Magdeburg l'infernale, le mois de juin bat son plein. Juin et sa chaleur, les filles qui crient, les enfants qui pleurent, les reîtres qui hurlent, pillent et violent. Je serais presque nostalgique des horreurs de la guerre.

Je me remémore avec une sorte de nostalgie les chemins de la campagne saxonne, défoncés par le passage incessant des armées. J'ai en mémoire l'image des milliers de cuirassiers bardés d'acier de pied en cap, je revois aussi les chariots du train et ceux de l'artillerie, ainsi que la masse grouillante de gueulards portant piques ou mousquets.


Je dois vraiment être frappé pour apprécier ces sentiers du carnage et de la destruction. Ondulant comme de funestes serpents sur les basses collines, ces chemins étaient hantés par la mort et par la ruine. Tout autour de cette route, une légion d'anonymes témoignait de la folie des hommes, une légion de cadavres putréfiés sans sépulture, hommes, femmes et enfants, tous invités au festin des corbeaux et au bal des pendus. Les quelques survivants, faméliques, sales et misérables, avaient le regard vide des morts, si bien que nous avions l'impression de croiser des non-morts sortis par quelque diablerie du repos éternel…

Cette partie de l'enfer ressemblait à une vaste plaine de poudre grisâtre, comme si l'on avait réduit en bouillie des tonnes et des tonnes d'os humains. Nous progressions en formation en éventail sous un ciel violacé aux nuances de bleu. Un vent glacé aux remugles putrescents hurlait dans toutes les directions, soulevant la poussière en de gigantesques tornades. Pour parachever le tout, un crachin corrosif s'abattit sur nous, brûlant yeux, gorges et nez.

Je n'aurais jamais dû accepter de quitter mon régiment de dragons. J'avais une grande renommée, celle d'un tireur d'élite. On me respectait : je dirigeais le meilleur escadron de la compagnie. Le Maréchal Pappenheim en personne m'a décoré et promu sergent, il m'a juré que j'irais loin en le servant. Si j'avais su à quel point, j'aurais peut-être refusé.
Klaus, sergent Klaus, voilà ce que je suis, et ici plus qu'ailleurs, je vais devoir me surpasser pour survivre.

Deux jours que les éclaireurs sont partis, et depuis, plus de nouvelles. Quand j'ai demandé au capitaine pourquoi on était là, il m'a bredouillé, un peu gêné, qu'on recherchait une substance, avant de s'éloigner précipitamment…


Commentaires


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29/06/2007 - Félicitations
par Gecko

Salutations ! J'ai remarqué que malgré votre dur labeur, vous, les concepteurs d'Hell Dorado, etiez très peu remerciés, du moins comme en témoigne l'absence de commentaire un tant soit peu élogieux à votre égard. Je viens partiellement rectifier ce que je trouve être une injustice en vous félicitant, au nom de dizaines de personnes qui découvrent votre création. Des nouveaux jeux de ce genre sortent régulierement, mais c'est rare qu'ils disposent d'une telle originalité, d'une telle profondeur. Je le confesse je ne connais pas le systeme de jeu, mais l'univers et le principe "infernal" est particulièrement novateur, sans parler de la facture parfaite des figurines. De plus, le fait que cela soit une oeuvre exclusivement francaise ajoute un cachet certain à ce jeu, tant la création en provenance de notre pourtant si beau pays se fait rare ces temps ci. Cela met du baume au coeur que de voir que les français ne sont pas (encore) dépassés par les autres industries de la créations. Evidemment, la provenance des sources d'inspiration est multiple, on y retrouve du Confrontation (jambes insectoïdes et torse humanoïde par exemple) du Games Workshop etc. J'ai également remarqué ce que je pense etre une inspiration d'artiste sur un autre artiste, l'aigle arrachant la tête d'un soldat qui ressemble beaucoup à une conversion d'aigle joué comme chauve-souris vampire dans une armée d'elfes morts-vivant dans un White Dwarf... Cette diversité des sources, couplée avec un fluff unique et une qualité de figurines excellente (où l'on retrouve des vainqueurs habituels des Golden Demon à la réalisation) aboutit à un jeu unique. Bref j'ai peut etre été un peu long, et ce n'est peut être pas ici que j'aurai du poster ceci mais je n'ai pas trouvé de lieux plus légitime et cette petite tirade me tenait à coeur. Tout ça pour vous adresser des félicitations, des remerciements et des encouragement sincères, de la part de pas mal de personnes silencieuses qui apprécient beaucoup ce que vous faîtes. Puissiez vous continuer ainsi longtemps encore !

15/04/2007 - English?
par Neil

Really nice minis and an interesting idea. When will the English release be available?

07/06/2006 - niarrrf
par vanghard

niarrrf je viens de remarqué la blague qui est en haut et en bas de la page (relative a une pseudo chanteuse), Bon si on resume,je dirais l'enfer+l'humour+stratégie+aspect graphique rechérché.... sa me rappelle un jeu....du même créateur.....le GMAV(grand maître au varant) En attendant vu la qualité de ce qui est produit j'engrange la monnaie....pour un hiver d'une chaleur infernal....

28/05/2006 par Hélène

coucou Arnaud !! que te dire non seulement tu es quelqu'un d'exceptionnel mais en plus tu écris à merveille , j'aime vraiment ta signature stylistique ...ne pose plus jamais ta plume , continue !! Bisou !!