Univers
Les secrets d'un vieil homme
Quatre siècles de présence aux Enfers. Ça en fait, du temps. Alors, imaginez ce qu'a bien pu faire le Vieux de la Montagne quand il s'est aperçu qu'il ne vieillissait plus... Tout était permis !
Il avait devant lui un nouveau royaume à découvrir et à contrôler. Et surtout, surtout, il était là où aucun croyant n'était encore jamais allé, à côté de La Vérité. La Porte du Paradis. Quelle plus belle quête pouvait-il y avoir que celle-ci pour un croyant tel que Hassan ibn al-Sabbah.
Hassan ibn al-Sabbah a donc envoyé ses hashishins fouiller partout. Autour de sa nouvelle forteresse d'abord, puis de plus en plus loin. Et il a méticuleusement rassemblé toutes les informations collectées. Des milliers de cartes, de rapports, de descriptions, de plans. Mais aussi des études sur la flore et ses utilisations médicinales ou alchimiques, les différents démons, les ressources géologiques dont la Prima Materia. Une matière dont Hassan ibn al-Sabbah va comprendre tout de suite l'importance et qu'il va tenter immédiatement de maîtriser. Une bibliothèque secrète qui rassemble toutes ces études et tous ces atlas détaillés occupe une aile de la nouvelle forteresse.
Et les rapports continuent d'arriver chaque jour de tous les coins des Enfers. Et chaque jour, le Vieux écoute ses hommes faire leur rapport.
Au bout d'un siècle, Hassan ibn al-Sabbah avait déjà une idée des différents cercles existants, des archidémons et anges déchus aux commandes des principaux royaumes, des conflits politiques… Mais toujours pas de Porte du Paradis. Oh, il y avait bien des traces et des indices par-ci par-là, mais rien de probant. Alors, Hassan ibn al-Sabbah a compris qu'il ne pouvait pas s'en sortir seul. Il fallait entrer en contact avec ceux qui vivaient là. Il a donc envoyé des émissaires. Beaucoup ne sont jamais revenus. D'autres revenaient avec des pactes et des traités, l'accès à certains endroits, à certaines connaissances… qui se payent avec des vies. Et des vies, Hassan ibn al-Sabbah en avait à foison avec l'arrivée des Mongols, puis des Mamelouks, des Seldjoukides… Attirés par la Prima Materia. Une source prodigieuse de pouvoir et de richesse que le Vieux de la Montagne ne pouvait s'empêcher de mettre sous le nez de ses différents visiteurs. Pour mieux détourner leur attention. Toujours avec succès.
Et les différentes factions musulmanes ont tenté leur chance aux Enfers, sans savoir que le Vieux de la Montagne avait déjà décidé de leur sort avec ses alliés en place. Et même s'ils triomphent militairement, leur quête de la Prima Materia les condamne à coup sûr.
Un siècle plus tard, un dur constat s'imposait au Vieux de la Montagne : il connaissait les Enfers mieux que quiconque, mais il ne progressait plus. Il lui manquait quelque chose. Ou plutôt, il sentait qu'il avait perdu quelque chose. La pureté de sa foi. S'il avait gardé le but, il avait perdu l'outil principal pour y parvenir. C'est alors qu'Osman arriva. Avec sa force unificatrice et sa foi. Et là, Hassan ibn Al-Sabbah comprit qu'il ne pourrait pas le contrôler comme ses prédécesseurs. Il choisit alors de se mettre à son service, car l'affrontement l'aurait conduit à sa perte. Il le savait. Il était temps de composer… en attendant l'opportunité.
Car c'était bien ce que représentaient les Ottomans pour Hassan ibn al-Sabbah : une opportunité pour sa quête arrivée au point mort. En effet, avec les Ottomans arrivent des hommes neufs, purs et intègres, qui viennent pour la même quête spirituelle que lui. Le Vieux de la Montagne se dit qu'avec tout ce sang neuf, parmi ces hommes saints, il s'en trouverait peut-être un dont la foi serait suffisamment pure pour la mener à bien. Et Hassan ibn al-Sabbah sera juste derrière celui-là, pour le remercier et prendre immédiatement possession de ce qu'il recherchait depuis des siècles. Tapi dans sa forteresse, le Vieux de la Montagne attend et écoute les rapports de ses hommes. Il attend. Il a tout son temps. Il attend. Il sait qu'un jour ou l'autre l'inévitable arrivera. Et il sera là.
Pour les hashishins et les Nizârites, par-delà la quête de leur maître, il y a un danger plus immédiat : la perte progressive de leur influence dans les territoires infernaux. Ottomans, infidèles, mercenaires, égarés coalisés... Il n'y a jamais eu autant de factions, de pions sur l'échiquier. Pas facile dans ces conditions de conserver la même marge de manœuvre. Heureusement, il reste encore aux hashishins des connaissances secrètes à marchander qui leur permettent d'être indispensables… Mais jusqu'à quand ?
Commentaires
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Vraiment très bien, et la 1ere image est excellente.
24/06/2008 - Mektoub
par Fabien
Que dire? On découvre ici les motivations du Vieux de la montagne et de sa confrérie. Sa connaisance des Enfers , ses recherches et alliances diverses nous laisse espérer des complots et revirements de situations des plus rocambolesques. Je suis impatient de voir l'évolution de ce personnages et de ses fanatiques. Bravo pour cette nouvelle et vivement la suite...
