Univers


Errare humanum est...

texte officiel 15/06/2006 - démons  occidentaux  récit 

« … je les soupèse, en apprécie la consistance, me prends à vouloir les croquer. Seul ce liquide noir et puant qui s'en échappe m'arrête. Cet homme, dont je savoure les entrailles entre mes griffes, me défèque entre les doigts ! Lui sur qui je pèse de tout mon poids, à qui j'ai ouvert l'abdomen, ne s'empêche pas de me fixer, bien que l'envie de lutter l'ait quitté. Son sabre ridicule pend mollement, non loin de son arquebuse brisée, un étron gluant, à peine formé, glisse jusqu'au sol de cendre. En imbibe les couches successives.
La tempête qui secouait tantôt la voûte infernale s'est dissipée, offrant à notre vue cette petite troupe, ce maigre contingent de mortels. Lui a fait feu, une fois, esquintant mon cuir, entamant mes chairs. Il m'a fallut bousculer certains damnés de la Paresse pour me jeter dessus. Le fer de son plastron ne lui a été d'aucun secours : mes griffes écharpent cette matière comme elles l'ont fait pour ses os et ses muscles.
Il râle, mon anonyme cobaye, crache un peu de sang. Rouge, épais, qui à son tour imprègne le tapis de cendres. Je soupire, dodeline ma tête massive, lui souris. Comme pour m'excuser - quelle idée ! Je plonge plus loin mon autre main, gagnant ses bronches jusqu'à son cœur, que j'arrache sèchement. La petite chose dans ma paume ne pulse pas : elle s'affaisse, libère l'ichor qu'elle contenait.

Des détonations m'arrachent à mes observations.

D'autres arquebusiers se sont retranchés au sommet d'une butte. Ce contingent s'est aventuré bien loin du Styx, je leur en suis reconnaissant ! Les étudier en détail m'obnubilait, alors même que je recrutais des damnés de tous horizons. Comme je suis fier de les voir, tout en barbelés et en plaies pour ceux de la Colère, mous et lents, en ce qui concerne ceux de la Paresse. Pareils à une vague qui ne connaît nulle douleur, ils s'avancent, accusent les plombs que font pleuvoir les mortels. Ceux-là mêmes que la panique gagne, qui laissent choir leurs munitions, les mèches de leurs arquebuses.
Dommage. Un damné, plus véloce que ses comparses, fond sur la proie. De la scie qui lui sert de bras il sectionne une jambe, qui vole trop loin pour que je puisse l'observer. Par nuages de la cendre s'élève, et à travers elle je ne peux que deviner la suite des évènements ; une grappe de mollassons de la Paresse, véritable glaire fait chair, recouvre un autre soldat, l'étouffe et le frappe jusqu'à ce que sa cage thoracique explose. J'irais bien les rejoindre, donner du cœur à l'ouvrage - surtout que mon arquebusier a rendu son âme à qui de droit.
Au Styx, pour ne plus faire de mystère. Il ne sera pas dit que je versai dans les carnages pour le seul plaisir d'y participer ! Mais il sera bientôt trop tard : ceux qui se battent sous la bannière de mon employeuse y mettent du leur.

À suivre...


Commentaires


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20/08/2007 par un anonyme

ach ja

16/06/2006 - Blood bath
par nonor

Il ne manque qu'une délicate musique classique pour suivre les voltes et entrechats de cet agile être démoniaque ! Bravo !