Univers


Abusus Non Tollit Usum

texte officiel 08/09/2006

… elle passe ses doigts dans les anneaux qui meurtrissent son entrejambe, écarte ainsi les lèvres de son vagin. Sans oublier d'en gémir, elle s'empale violemment sur le missionnaire, le chevauche. Sauvage, farouche, la succube s'affale sur le mortel attaché à la table d'obsidienne, peau contre peau, ses chairs ouvertes contre le front du saint homme. Malgré tout - le crucifix qu'il serre contre sa poitrine, ses prières muettes - son vit est dressé, pareil aux hautes tours de Babylone. Sa tortionnaire ne s'en amuse que plus, sous le regard éteint du démon ambassadeur. Lui contemple tout cela d'un œil torve, pour ne pas dire vitreux. Assis dans un coin de la pièce sombre, dépourvue de fenêtre ou de meurtrière, il savoure un cigarillo qu'il a confisqué à un soldat mort.

La succube cesse de se trémousser sur le mortel.

- Tu sais très bien où tu pourrais l'enfiler, ta croix, dit-elle. Là où il reste de la place.

La créature se déhanche à nouveau, arrache des gémissements de plaisir au père. À chaque ruade les plaies du démon s'ouvrent un peu plus, révélant des organes qui pulsent d'une vie impie. Elle cherche la vieille langue, asséchée par un si long voyage, d'un long baiser. Plein d'obscénité, pas même animal. Le Padre crache, jure, se débat du mieux qu'il peut : arquant ses reins, enfourchant un peu plus l'infernale catin ; déjà trois fois, en l'espace de cinq coups de boutoir, il a joui en elle. S'y répandant contre son gré. Pensif, le démon ambassadeur expire une épaisse fumée ; il n'a plus d'yeux que pour le petit derrière qui s'agite. Il soupire, inspire une bouffée : un peu de poudre s'est mêlé aux feuilles de tabac. Le mortel n'a plus que prières aux lèvres. Il se perd en repentirs, tandis que des mouches bourdonnent. Ses bourses se vident une quatrième fois. Voilà ce qui s'appelle un dépucelage dans les règles ! La succube se lasse. Abandonne son jouet, s'en retire sans pour autant se revêtir ; elle tourne autour de la table, accablée. Se demande quoi faire de cet être qui baragouine et recommande son âme à Dieu.

- Et c'est ainsi que tu paies tes dettes ? peste la créature.

L'ambassadeur hausse ses épaules massives. Rallume à l'aide d'un brasero son cigarillo.

- Fais-en ce que bon te semble, répond-il d'un sourire.

Des larmes coulent sur les joues du père, y creusent des sillons au travers des cendres qui les recouvrent. La tortionnaire rage, ses épaules se parent à nouveau de peau malmenée. Elle rajuste nerveusement les anneaux qui lui percent les tétons, regrette sincèrement de ne pas avoir empli son fondement de ce crucifix ; leur invité le serre convulsivement entre ses doigts. Elle avise ce corps, si tendre mais si vieux, parcheminé par les ans. Pourquoi leur expédier telle pitance, ici, en Enfer ? Si maigre qu'elle ne sait pas retenir sa jouissance ! Agacée, elle fouille un coin sombre, extrait d'une malle cisailles et pinces. Juste ce qu'il faut pour retourner l'épiderme, dévoiler les muscles agités par des spasmes ou encore percer des entrailles sans trop raccourcir l'espérance de vie du sujet.

Si ce saint homme ne sait satisfaire succube qui le besogne, pourra-t-il la distraire par son agonie ?

L'ambassadeur écrase son cigarillo sur les vieilles pierres tandis que le second démon met à chauffer les tenailles. Désespéré, un cri retentit : celui du mortel qui, à force de fréquenter ceux qui administrent la Question, sait ce qui l'attend. Après le viol, pis que la délivrance, on s'apprête à lui triturer les tripes. Il se débat donc, met à mal les liens qui le retiennent à cette table d'obsidienne, hurle à s'en meurtrir la gorge. Rien n'y fait, on entaille sa peau, écarte son derme. Au travers de sa bure maculée durant le voyage, et qui s'imprègne de sang. De cet ichor qui se mêle aux poussières infernales, les cris cessent abruptement. Le succube se fige, un tison crépitant à la main. L'ambassadeur se fait minuscule, quelque peu honteux.

- Ainsi sont donc faits les mortels qui nous envahissent, s'étonne la tortionnaire.

Un liquide poisseux et blanc coule de son entrejambe, jusqu'au creux de son genou. Nappant les plaies de ce foutre béni, ces blessures qu'enrobe une peau morte. Comme on le ferait d'une tombe avec des fleurs.

- Et aucun d'entre nous ne s'essaie à les stopper ?

Le cornu, qui s'allume un second cigarillo, ricane. Secoue la tête, au risque de mâchouiller un peu de son épaisse crinière.

- Si seulement ils avaient tous et toutes une pareille envergure, je ne serais pas là à te livrer ce mortel, rétorque-t-il. Profites-en : tu es la première à savourer un homme depuis des éons !

L'argument fait mouche ; la succube sourit franchement, remballe son matériel.


Commentaires


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07/01/2008 - bravo
par VLAD

Quelle élent de créativité !!!!! Domage qu'il n'y est pas plus de texte. si non c bien. :-)

05/01/2008 - Stix
par un anonyme

(Yoni +1) par contre l'écriture est fluide et agréable à lire...

30/08/2007 par jérôme

"médiéval" s'il te plait yoni...

19/08/2007 - Ah?
par Yoni

L'exploitation du pouvoir d'envoutement par la luxure d'une succube est interessant, cependant je suis étonné par un tel élan de pornographie...plus ressenti comme la frustation personnelle de l'auteur que par une envie de rendre plume a hell dorado.... Une succube est un démon pas une catin vicelarde...a s'empaler sur le cul benit elle l'etriperait en meme temps....pas apres coup. telle est une malediction, disposer du plaisir sans jamais en avoir, voila ce qu'est une succube dans un univers infernal moyen-ageux...

17/07/2007 - Mes compliments !
par Mat du club " Warhabreizh" de Landerneau

Une très belle plume ! Félicitations ! Des récites comme ceux-la, on en redemanderais ! Cela fait naître une envie de...se lancer promptement dans la collection d'une armée de ces Créatures ! L'univers y est alléchant. Hell Dorado à pris un bon départ pour devenir un Best-Seller ! ! !

19/06/2007 - gg
par Dominaria

Pas mal du tout, voir meme superbe! J'aurais lu encore des dizaines de page si il y en avait^^ Ma seule question: a quand la suite?