Figurines
Les concepts des Paysans
La boîte de compagnie des Immortels dirigée par le bureaucrate impérial Cheng Xiao-Chen, se compose de deux paysans, d'un porteur d'âmes, de deux maîtres des lames, de deux sentinelles impériale, de la prêtresse nagâ Kuan Lin et du lémure Xian.
Cette boîte de compagnie sera disponible en boutique à partir du 27 février.
Les concepts des Paysans sont l'œuvre de Betrand Benoît.
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Concept final
Les Paysans par Pierre Bouas
L'un des aspects les plus confondants de Diyu est la prolifération de bêtes et de plantes issues de la vallée des larmes que le seigneur Yanluowang y tolère. Et le mot tolérer n'est pas trop fort quand on songe que c'est par son seul bon vouloir qu'elles survivent dans le duché. Il va jusqu'à faire chasser les crocs par ses gens pour protéger son jardin d'Éden !
Volailles, porcs, bœufs... On voit partout dans les villages grouiller les animaux ridicules du monde d'en haut. Ils sont si faibles qu'il ne faudrait qu'un battement de cils à une meute d'ascrifs de nos contrées pour les exterminer tous.
Il en va de même des plantes que les mortels ont rêvé d'acclimater à ce sol fétide, et pour lesquels l'archidémon maintient un semblant de saisons et de jours. À Diyu, en plus des roseaux trompeurs et des lotus des âmes qui y poussent normalement, on plante des arbres, du bambou, des céréales...
Pour s'affairer autour de cette vie envahissante, Yanluowang dispose d'un véritable peuple de paysans, presque toujours des damnés relâchés de ses chambres des sévices. Leur séjour aux Enfers ayant souvent été déjà très long, ces serfs sont marqués par des stigmates qu'ils vont s'efforcer de faire ensuite disparaître par une ascèse stricte. Pour cela, ils jeûnent tout au long de l'année - dont ils mesurent scrupuleusement le passage ! - et ne se nourrissent qu'une fois l'an, lors du Pudu de Zhongyuanjie. Ce banquet de la « fête des morts affamés » est leur seule occasion de savourer les fruits de leur labeur.
Créatures et plantes sont elles aussi déformées par le souffle de l'abîme. Les lignées animales vont en s'avilissant. On raconte même l'histoire de truies ayant mis bas des portées de lémures! Le grain devient lui plus venimeux récolte après récolte, quand il ne se change pas en caillou sitôt cueilli… Il faut sans cesse que les vivants qui commercent avec Diyu ramènent de nouvelles graines.
Mais certains élevages et certains champs ont les faveurs de Yanluowang qui leur consacre une large part de sa prima materiae. Ils produisent alors, à force de labeur, une nourriture jugée saine et parfois même miraculeuse ! Plutôt que d'être gâchée dans la bouche des manants lors du Pudu, cette précieuse production est destinée au plaisir des immortels, des marchands en voyage, et des coffres de la bureaucratie de Yanluowang, car toute la société de Diyu s'appuie sur la paysannerie pour alimenter son négoce coupable avec la Vallée des larmes. Elle nourrit également ceux qui, morts ou vivants, refusent l'ascèse et recherchent au contraire le métamorphose apportée par le souffle de l'abîme.
J'avoue avoir mis longtemps à saisir les motivations qui poussaient l'archidémon à encourager pareille mascarade. Mais son raffinement cruel m'est finalement apparu au cours d'un voyage qu'on m'autorisait dans l'arrière-pays, et subitement l'étrange manie paysanne de Yanluowang m'a semblé familière.
Ses damnés vivent dans une parodie de leur passé, condamnés au jeûne dans l'espoir insensé d'un retour à l'existence terrestre. Le spectacle des victuailles qu'ils arrachent à la boue des Enfers est l'écho de ce qu'ils ont perdu. Et leur jeûne serait moins cruel s'il n'était pas rompu une fois l'an. Si nos morts se passent très bien de nourriture, ceux de Diyu réapprennent à souffrir de la faim. Une torture lancinante, que les subterfuges du temps dans ce duché rendent quotidienne et mesurable.
Quand on pense à tous ces ducs et barons de nos cercles qui s'agitent sans répit dans leurs jardins privés à écarteler, éviscérer ou crucifier… Combien de forêts de pals, de roues, de gibets nous épargnerions-nous, si nos maîtres tourmenteurs songeaient un instant à s'inspirer de ce sobre et redoutable supplice ?
Captive de Yanluowang, par la succube Shabd'Ila
Commentaires
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par m120
j'aime bien franchement, avec la petite touche qui rapelle le coté démoniaque ou hybride. Le fléau fait partie de mes armes préférées donc bingo sur toute la ligne! merci HD
