Figurines
Frondeuse et porteur de vers
Il semble que l'enfer soit prodigue en matière de cadavres, de putréfaction et de vers...
J'en veux pour preuve cette infortunée créature qui ressemble à un cadavre boursouflé et dévoré par des larves grosses comme le poing. Elle accompagne toujours sa maîtresse, une impudique pécheresse qui a quelques traits démoniaques. Sa mamelle droite lui a été ôtée, comme le faisaient les Amazones de jadis, et il n'en reste qu'une cicatrice rougeâtre et gonflée. Mais le plus répugnant est son bras gauche, qui est comme celui d'un insecte, articulé comme une armure, et fait d'une matière sombre et luisante. Elle ne semble cependant pas s'en soucier, et s'en sert comme d'une main, à tel point qu'elle est plus adroite avec ce curieux appendice que bien des hommes de leurs cinq doigts.
Son serviteur à l'agonie se traîne dans son sillage, la peau agitée en tout temps d'une ondulation nauséeuse. La peau blanche et moite de son abdomen ressemble à une mare où l'on aurait jeté une pierre : elle ondule et bouge comme de l'eau. C'est parce que son estomac, et même tout son corps, est empli de ces asticots énormes qui s'agitent et se tordent. Ce sont de dégoûtants prédateurs, avec leur bouche bordée de plusieurs rangées de dents minuscules, et ils se tortillent et se tendent dès qu'on les approche de la chair des vivants, avides de sang.
La maîtresse du cadavre les saisit pourtant sans peur, et les assujettit dans une fronde étrange, afin de les projeter sur l'ennemi. Ils y provoquent stupeur, dégoût et douleurs, car lorsqu'ils accolent leur bouche immonde à la peau, ils n'ont de cesse de s'enfouir entièrement dans la chair tiède qu'ils dévorent goulûment.
La frondeuse s'entretient parfois avec l'Audacieux, mais ne prête jamais attention à qui que ce soit d'autre, même pas à son pathétique serviteur qui se tord et gémit à ses pieds. Celui-ci non plus ne s'exprime pas, tantôt ravagé par la douleur, tantôt étouffé par une grosse larve qui lui rampe dans le gosier, ou lui ronge la langue. Car tel Prométhée, il est dévoré vivant, et chaque jour reprend ses forces. Au crépuscule, on aperçoit par endroits ses os et ses organes à vif, et la peau de son crâne est déjà tellement rongée qu'il est impossible de distinguer ses traits. Il se traîne sur des membres qui sont pour moitié déjà des ossements, ne supportant que bien peu de viande. Mais le lendemain, dès l'aube, il a par quelque sorcellerie recouvré son apparence bouffie, et les vers peuvent de nouveau se repaître de ses chairs. Ses tourments n'ont jamais de fin, son agonie est éternelle. Mais le plus effroyable, c'est que par moments, il lui arrive en fixant l'un d'entre nous d'avoir l'ombre d'un sourire, comme s'il comprenait quelque chose qui nous échappe à tous.
- Extrait de « Récit du voyage d'En Bas », d'Antonio Guccini, mercenaire de la troupe du capitaine Eduardo Spada
Sculpture et peinture : Jacques-Alexandre Gillois (porteur) et Thomas David (frondeuse)
Commentaires
» ajouter un commentaire
par seb
et hop, un commentaire !
14/04/2007 par Chien Sauvage
J ai testé dans l apres midi, hell dorado a Bourgoin et j apprecie énormement, j etais un peu febrile en y allant et je suis conquis. Reste plus qu a tester avec le starter de base...c est long d attendre La figurine de la frondeuse, ne me plait pas specialement mais son sac à munitions est franchement terrible et sans complaisance. Chien sauvage
